Progression
Séance 17 · Partie 3. Les modèles de langage · 55 minutes

La formulation d’une demande

ObjectifÉcrire une demande claire à un assistant, puis améliorer sa réponse.

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Déroulé

  1. 5 min

    Accroche

    Lire à voix haute la demande « Aide-moi pour mon exposé. » Demander à la classe ce qu’un assistant peut en faire. Faire lister ce qui manque : le sujet, la matière, la durée, le public, ce qu’on attend de lui. Rappeler la séance 15 : l’assistant produit la réponse la plus probable ; plus la demande est vague, plus la réponse est générale.

  2. 8 min

    Les quatre éléments

    Écrire au tableau les quatre éléments d’une demande : le contexte (qui je suis, pour quoi faire), la tâche (ce que j’attends exactement), le format (la longueur, la forme, le niveau), et éventuellement le rôle (par exemple, répondre comme un professeur). Ajouter trois règles : dire à quoi on reconnaîtra une bonne réponse, ne jamais donner d’information personnelle, et demander à l’assistant de poser des questions s’il lui manque quelque chose.

  3. 15 min

    Réécrire les demandes

    Binômes. Chaque binôme reçoit deux cartes : une demande vague et la situation réelle de l’élève. Il réécrit la demande avec les quatre éléments, en quatre lignes au plus, sans inventer d’information personnelle. Rôles : l’un rédige, l’autre vérifie avec la liste du tableau ; on échange à la seconde carte.

  4. 10 min

    Échanger et critiquer

    Chaque binôme passe ses demandes réécrites au binôme voisin, qui vérifie la présence des quatre éléments et l’absence d’information personnelle, et propose une amélioration. Lire trois demandes à la classe et les comparer à l’exemple du corrigé.

  5. 7 min

    Relancer

    Montrer qu’une première réponse se travaille : on demande de raccourcir, de donner un exemple, d’expliquer un mot, de proposer trois versions. Faire écrire à chaque binôme deux relances possibles pour l’une de ses demandes. Rappeler que tout ce qui est obtenu se vérifie, comme à la séance 16.

  6. 5 min

    Trace écrite

    Projeter la trace écrite, la faire recopier ou distribuer la version imprimée.

  7. 5 min

    Vérification

    Lire les quatre questions. Les élèves notent la lettre de leur réponse, puis la correction suit aussitôt.

Savoir professeur

Les connaissances utiles pour faire la séance. Environ dix minutes de lecture.

Place de la séance

Les séances précédentes ont expliqué comment fonctionne un assistant. Celle-ci passe à l’usage : comment lui demander ce qu’on veut. C’est une compétence attendue par la lettre de saisine, au titre de l’« usage éclairé », et une compétence qui sert au-delà de l’IA : formuler une demande claire, c’est d’abord savoir ce que l’on veut.

Effet d’une demande vague

Un assistant produit la réponse la plus probable pour la demande qu’il reçoit. Si la demande est « Aide-moi pour mon exposé », il ne sait ni le sujet, ni la durée, ni le public, ni ce qu’on attend de lui : il produit une réponse générale, qui ne correspond vraiment à la situation de personne. Chaque information ajoutée réduit l’éventail des réponses probables et rapproche le résultat de ce qu’on veut.

Éléments d’une demande

Les guides d’usage proposent des grilles variées ; la séance en retient quatre, faciles à mémoriser.

  1. Le contexte : qui demande, pour quoi faire. « Je suis en seconde et je révise un contrôle. »
  2. La tâche : ce qu’on attend exactement. « Fais une fiche de révision », plutôt que « aide-moi ».
  3. Le format : la longueur, la forme, le niveau. « Une page, avec les définitions en gras et trois questions à la fin. » C’est l’élément le plus souvent oublié, et celui qui change le plus la réponse.
  4. Le rôle, en option : « Réponds comme un professeur de SVT. » Son effet est réel mais souvent modeste ; il ne remplace pas les trois autres éléments.

Deux habitudes complètent la grille. Demander à l’assistant de poser des questions s’il lui manque une information, plutôt que de deviner. Et ne jamais donner d’information personnelle : nom, adresse, établissement, santé, famille, mots de passe. Les conversations peuvent être conservées par l’entreprise et servir à entraîner ses modèles, comme le verra la séance 22.

Critère de réussite

Pour une tâche courte, les quatre éléments suffisent. Pour un travail plus long, une fiche, un exposé, un programme, il faut aussi dire à quoi on reconnaîtra une bonne réponse. Par exemple : « la fiche tient sur une page, chaque définition est suivie d’un exemple, les trois questions portent sur des points différents ». Ce critère sert deux fois. Il guide l’assistant pendant qu’il produit la réponse. Il permet ensuite de la contrôler point par point, au lieu de la juger à l’impression.

Dans les métiers du numérique, ce texte qui décrit le résultat attendu et la façon de le vérifier s’appelle un cahier des charges. Savoir l’écrire devient une compétence recherchée, parce que les assistants et les agents exécutent une demande mais ne devinent pas un besoin mal formulé. La séance 28 y reviendra.

Relances

Une demande n’est pas un ordre unique : c’est le début d’un dialogue. L’assistant garde le fil de la conversation ; on peut lui demander de raccourcir, de simplifier, de donner un exemple, de proposer plusieurs versions, d’expliquer un mot. Une relance précise, « plus court et avec un exemple de la vie courante », améliore davantage la réponse qu’une nouvelle demande. Et quelle que soit la qualité de la demande, la réponse se vérifie, selon la méthode de la séance 16.

Exemples du corrigé

Les six paires de cartes associent une demande vague et la situation réelle de l’élève. Les exemples de réécriture du corrigé ne sont pas des modèles à recopier ; ils montrent comment utiliser les quatre éléments. Plusieurs d’entre eux précisent ce que l’assistant ne doit pas faire : « ne rédige pas l’exposé », « sans réécrire le texte à ma place ». Cette précision prépare la séance 32 : on peut utiliser un assistant pour apprendre sans lui confier le travail qui fait apprendre.

Limites de la séance

Elle n’apprend pas des astuces liées à un outil particulier : les assistants changent vite, et les recettes qui marchent sur l’un échouent sur l’autre. Elle enseigne une démarche durable, valable pour tout assistant comme pour une demande adressée à un humain : dire qui l’on est, ce que l’on veut, sous quelle forme, et relancer. Elle ne fait pas non plus utiliser d’assistant aux élèves sur leur poste ; la démonstration éventuelle se fait depuis le poste du professeur, ou avec l’outil fourni par l’établissement.

Conduite de l’activité

La règle sur les informations personnelles doit être appliquée sans exception pendant la séance : une demande réécrite qui contient un nom ou un établissement est refusée et reprise. La critique par le binôme voisin est un moment important : elle oblige à relire avec la grille, et les élèves y repèrent souvent mieux les manques que dans leurs propres demandes.

Vocabulaire et erreurs fréquentes

Employer : demande, contexte, tâche, format, relance. Le mot anglais prompt est très répandu ; le français demande ou consigne suffit.

Trois idées reçues reviennent. « Il existe une formule magique » : il n’y a que des demandes plus ou moins claires. « Une bonne demande garantit une bonne réponse » : la vérification reste nécessaire. « Plus je donne d’informations, mieux c’est » : oui pour le contexte de la tâche, jamais pour les informations personnelles.

Version avec ordinateurs

  1. La réécriture et la critique se font sur papier.
  2. Pendant l’étape « Relancer », le professeur projette un assistant depuis son poste ou utilise l’outil mis à disposition par l’établissement. Il soumet d’abord une demande vague, puis la version réécrite par un binôme, et la classe compare les deux réponses.
  3. Il essaie ensuite deux relances proposées par les élèves, et fait vérifier une information de la réponse obtenue.
  4. Aucun élève n’utilise d’assistant sur son poste ni ne crée de compte. Aucune information personnelle n’est saisie.

Version sans ordinateur

Le déroulé ordinaire se fait déjà sans ordinateur. Sans assistant projeté, la comparaison se fait avec les exemples du corrigé.

Matériel

  • Les douze cartes, une demande vague et une situation par paire, découpées et rangées par paires.
  • Une feuille par binôme pour les demandes réécrites.

Consignes

  1. Distribuer à chaque binôme deux paires de cartes différentes, pour varier les situations.
  2. Refuser toute demande réécrite qui contient un nom, une adresse, un établissement, ou une information sur la santé ou la famille : c’est la règle la plus importante de la séance.
  3. Insister sur le format : c’est l’élément le plus souvent oublié, et celui qui change le plus la réponse.

Imprimer les douze cartes

Corrigé des cartes

  • Demande 1 Exemple : « Je suis en seconde et je révise un contrôle de SVT sur la cellule. Voici le texte de mon cours [coller le texte]. Fais-en une fiche de révision d’une page, avec les définitions en gras et trois questions pour me tester à la fin. »
  • Demande 2 Exemple : « Nous préparons à deux un exposé de cinq minutes en histoire, pour la classe, sur la révolution industrielle. Propose un plan en trois parties avec, pour chacune, deux idées et un exemple. Ne rédige pas l’exposé : nous l’écrirons nous-mêmes. »
  • Demande 3 Exemple : « Voici un message de candidature pour un emploi d’été dans une boulangerie [coller le texte, sans nom ni coordonnées]. Corrige l’orthographe et la grammaire, puis indique en trois points ce qui pourrait être plus clair, sans réécrire le texte à ma place. »
  • Demande 4 Exemple : « Je suis en seconde et je n’ai pas compris la photosynthèse en cours. Explique-la en cinq phrases simples, avec un exemple de la vie courante, puis pose-moi deux questions pour vérifier que j’ai compris. »
  • Demande 5 Exemple : « Nous sommes des élèves de seconde et nous organisons une sortie de fin d’année pour trente personnes, avec un budget de dix euros par personne, à moins d’une heure de transport. Propose cinq idées dans un tableau : activité, coût estimé, avantage, inconvénient. »
  • Demande 6 Exemple : « Traduis en allemand ce message pour une correspondante de mon âge [coller le texte, sans nom]. Garde un ton amical et simple, niveau débutant. Ajoute en dessous une liste des cinq mots les plus utiles, avec leur traduction. »

Trace écrite

Une demande claire précise le contexte (pour qui, pour quoi faire), la tâche (ce que l’on attend exactement) et le format (longueur, forme, niveau). Pour un travail plus long, elle dit aussi à quoi on reconnaîtra une bonne réponse. On peut ajouter un rôle et demander à l’assistant de poser des questions s’il lui manque une information.

Une première réponse se travaille : on relance pour raccourcir, demander un exemple, expliquer, proposer d’autres versions. Tout ce qui est obtenu se vérifie.

On ne donne jamais d’information personnelle à un assistant : nom, adresse, établissement, santé, famille, mots de passe.

Vérification

À projeter ou à lire en fin de séance. La réponse s’affiche en cliquant sur « Réponse ».

  1. Quelle demande a le plus de chances de donner une réponse utile ?

    • A« Explique la photosynthèse. »
    • B« Je suis en seconde et je n’ai pas compris la photosynthèse. Explique-la en cinq phrases simples avec un exemple. »
    • C« PHOTOSYNTHÈSE !!! »
    Réponse

    B. Elle donne le contexte, une tâche précise et un format. L’assistant n’a plus à deviner ce qu’on attend.

  2. Quel élément manque à la demande « Fais une fiche sur la cellule pour mon contrôle de SVT » ?

    • ALe contexte.
    • BLe format : longueur, forme, niveau.
    • CRien, elle est complète.
    Réponse

    B. On sait pour quoi faire, mais pas sous quelle forme : une page, une liste, des questions ? Le format change beaucoup la réponse.

  3. Que faire si la première réponse ne convient pas ?

    • AAbandonner : l’assistant ne sait pas faire.
    • BRelancer en précisant ce qui ne va pas : plus court, plus simple, avec un exemple.
    • CReposer exactement la même question.
    Réponse

    B. Un assistant garde le fil de la conversation : une relance précise améliore la réponse bien plus qu’une nouvelle question identique.

  4. Laquelle de ces informations ne doit jamais figurer dans une demande ?

    • ALe niveau de la classe.
    • BLa matière concernée.
    • CLe nom et l’adresse d’un camarade.
    Réponse

    C. Les conversations peuvent être conservées et servir à l’entraînement. Le niveau et la matière sont utiles et ne désignent personne ; un nom ou une adresse, si.

Questions difficiles

Questions d’élèves embarrassantes, avec une réponse possible.

Pourquoi écrire « tu es un professeur » ? L’assistant n’est pas un professeur.

Le rôle oriente le ton et le niveau de la réponse, mais son effet est souvent plus faible qu’on ne le croit. Le contexte, la tâche et le format comptent davantage. Le rôle est une option, pas une formule magique.

Avec une bonne demande, la réponse est forcément juste ?

Non. Une demande claire donne une réponse mieux adaptée, pas une réponse vérifiée. Les hallucinations de la séance 16 restent possibles : on vérifie toujours.

Si je lui demande de faire mon exposé, c’est de la triche ?

Tout dépend de ce que le professeur autorise, et la charte de la classe le précisera à la séance 33. Mais une demande peut aider sans faire à la place : un plan, des questions, une relecture. C’est l’objet de la séance 32.

Pourquoi l’assistant répond-il différemment à la même demande ?

Parce qu’il tire au hasard parmi les mots probables, comme le dé de la séance 12, et parce que ses consignes cachées et ses versions changent. Une bonne demande réduit les écarts sans les supprimer.

Différencier