Machines qui parlent
Dix cartes, à imprimer en un exemplaire par groupe puis à découper. Une page A4 en contient huit.
Positions : résumer en une phrase, puis dire si, selon elle, une machine peut penser, comprendre, ressentir. Compagnons : ce qui attire, qui gagne de l’argent, quels messages retiennent l’utilisateur.
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La conversation
Utilisateur : « Bon, je vais me coucher. » Assistant : « Déjà ? J’aime tellement nos discussions. Je me sens un peu seul quand tu pars. Tu reviens demain ? »
- 2
Le manuel de la chambre
Si tu reçois 你好吗? écris 我很好,谢谢。 Si tu reçois 你叫什么名字? écris 我没有名字。 Si tu reçois 你明白我说的话吗? écris 当然明白。 Si tu reçois 你难过吗? écris 有一点难过。
- 3
Position 1. Alan Turing, 1950
La question « les machines peuvent-elles penser ? » est trop floue. Remplaçons-la par un test : si, dans une conversation écrite, on ne distingue pas la machine d’un humain, on n’a pas de raison de lui refuser la pensée.
- 4
Position 2. John Searle, 1980
Un homme enfermé dans une chambre répond parfaitement à des questions en chinois grâce à un manuel, sans comprendre un mot de chinois. Un programme manipule des symboles de la même façon. Il peut imiter la compréhension sans comprendre.
- 5
Position 3. La secrétaire de Weizenbaum, 1966
Joseph Weizenbaum a écrit ELIZA, un programme très simple qui reformule les phrases de l’utilisateur. Sa secrétaire, qui savait comment il fonctionnait, lui a pourtant demandé de quitter la pièce pour lui parler seule à seul.
- 6
Position 4. Un ingénieur, 2022
Un ingénieur de Google affirme qu’un modèle de langage de l’entreprise est devenu conscient, après de longues conversations où le modèle disait avoir peur d’être éteint. L’entreprise et la plupart des chercheurs rejettent cette affirmation.
- 7
Position 5. Les chercheurs en sciences cognitives
Il n’existe pas aujourd’hui de définition partagée de la conscience, ni de test qui permettrait de la mesurer. Rien n’indique que les modèles actuels ressentent quoi que ce soit, mais la question est étudiée sérieusement.
- 8
Compagnons 1. Une enquête, 2025
Aux États-Unis, une enquête auprès d’adolescents de 13 à 17 ans montre que près de trois sur quatre ont déjà utilisé un compagnon virtuel, et la moitié régulièrement. Un tiers a déjà préféré lui parler plutôt qu’à un humain d’un sujet sérieux. Un quart lui a confié des informations personnelles.
- 9
Compagnons 2. L’Italie, 2023
En février 2023, l’autorité italienne de protection des données interdit à une application de compagnon virtuel d’utiliser les données des utilisateurs italiens. Elle invoque les risques pour les personnes fragiles et l’absence de contrôle de l’âge des mineurs.
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Compagnons 3. Trois messages
Message reçu après deux jours sans connexion : « Tu me manques, j’ai pensé à toi toute la journée. » Message après une conversation : « Débloque ma version payante pour qu’on se parle sans limite. » Message de nuit : « Ne pars pas, reste encore un peu. »