Progression
Séance 33 · Partie 7. Un usage éclairé · 55 minutes

La charte de la classe

ObjectifÉcrire et adopter ensemble les règles d’usage de l’IA dans la classe.

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Déroulé

  1. 5 min

    Accroche

    Faire relire à chacun l’engagement écrit à la séance 32. Demander : si chacun suit ses propres règles, est-ce juste pour tous ? Annoncer que la classe va écrire des règles communes, qu’elle adoptera par un vote.

  2. 5 min

    Trois niveaux

    Présenter au tableau les trois niveaux d’autorisation. Niveau 1, usage libre et responsable : recherche d’idées, entraînement, révisions. Niveau 2, usage déclaré : l’IA est permise, mais l’élève explique comment il s’en est servi et ce qu’il a fait lui-même. Niveau 3, sans IA : contrôles, exercices de mémorisation, travaux qui évaluent ce que l’élève sait faire seul.

  3. 12 min

    Classer les tâches

    Groupes de trois ou quatre. Chaque groupe attribue un niveau à chacune des douze cartes de tâches et note sa raison. Rôles : une personne lit, une propose, une note. Mise en commun rapide : relever les désaccords, qui seront tranchés par le vote final.

  4. 18 min

    Rédiger la charte

    Répartir la rédaction entre cinq groupes, une partie chacun, à partir du modèle du dossier : le préambule, qui dit pourquoi la charte existe ; les trois niveaux, avec des exemples de la classe ; les cinq règles communes, sur la vérification, les données personnelles, l’honnêteté, le respect des autres et les outils autorisés ; la déclaration d’usage pour le niveau 2 ; ce qui se passe si une règle n’est pas respectée. Chaque groupe écrit sa partie en cinq lignes au plus.

  5. 5 min

    Adopter

    Chaque groupe lit sa partie ; la classe propose au plus une modification par partie, puis vote à main levée. Le professeur rappelle que la charte s’inscrit dans le règlement intérieur de l’établissement et qu’il garde la décision finale sur le niveau de chaque travail. La charte est affichée et distribuée.

  6. 5 min

    Trace écrite

    Projeter la trace écrite, la faire recopier ou distribuer la version imprimée.

  7. 5 min

    Vérification

    Lire les quatre questions. Les élèves notent la lettre de leur réponse, puis la correction suit aussitôt.

Savoir professeur

Les connaissances utiles pour faire la séance. Environ dix minutes de lecture.

Place de la séance

La dernière séance de l’année transforme ce que les élèves ont appris en règles qu’ils se donnent. Elle s’appuie sur tout le parcours : le fonctionnement des modèles, les hallucinations de la séance 16, les hypertrucages de la séance 19, les données personnelles de la séance 22, la méthode de la séance 32. La lettre de saisine demande un usage éclairé ; une charte écrite et adoptée par la classe en est la forme la plus concrète.

Trois niveaux d’autorisation

Le système des trois niveaux, élaboré lors d’une formation d’enseignants dans un lycée, a l’avantage d’être simple et de s’appliquer à toutes les disciplines.

  • Niveau 1, usage libre et responsable : chercher des idées, s’entraîner, réviser, comprendre une notion. L’élève utilise l’IA en autonomie et reste responsable de ce qu’il en fait.
  • Niveau 2, usage déclaré : l’IA est permise, mais l’élève déclare comment il s’en est servi et ce qu’il a fait lui-même, avec le modèle de déclaration du dossier.
  • Niveau 3, sans IA : contrôles, exercices de mémorisation, travaux qui évaluent ce que l’élève sait faire seul.

Le niveau de chaque travail est indiqué dans la consigne par le professeur. C’est un engagement de l’enseignant autant que des élèves : sans indication claire, les élèves ne savent pas ce qui est permis.

Règles communes

Cinq règles valent pour tous les niveaux, et reprennent les grandes leçons de l’année : vérifier ce que dit l’IA ; ne jamais y mettre de données personnelles, ni les siennes ni celles des autres ; ne jamais présenter comme sien un travail fait par une machine ; ne fabriquer ni partager aucun contenu truqué sur une personne ; utiliser les outils autorisés par l’établissement. La dernière règle tient compte des âges minimaux des services et des choix de l’établissement, abordés aux séances 22 et 26.

Déclaration d’usage

La déclaration du niveau 2 est la partie la plus importante de la charte. Elle demande à l’élève de dire quel outil il a utilisé, ce qu’il lui a demandé, ce qu’il a gardé, modifié ou rejeté, ce qu’il a vérifié et ce qu’il a fait seul. Elle a deux fonctions. Elle rend visible le travail personnel, que le professeur peut alors évaluer. Et elle oblige l’élève à prendre du recul sur son propre usage, ce qui est déjà un apprentissage. La dernière ligne, « je peux réexpliquer mon travail sans l’IA », reprend le test de la séance 32 ; le professeur peut le vérifier par une courte question à l’oral.

Règles non négociables

Il faut le dire d’emblée. Le règlement intérieur, les règles des examens et la protection des données personnelles ne se votent pas. Le reste est le travail de la classe : les exemples de chaque niveau, la formulation des règles, la forme de la déclaration, la façon de réagir en cas de manquement. Le vote porte sur ce cadre commun ; le professeur garde la décision sur le niveau de chaque travail.

Conduite de la séance

La rédaction en cinq groupes permet d’avancer vite ; chaque partie doit tenir en cinq lignes. La lecture collective et le vote sont des moments importants : ils font de la charte un texte de la classe. La faire signer par tous, professeur compris, et l’afficher. Il est utile de la relire en fin d’année, et de la proposer aux autres enseignants de la classe, qui pourront s’en servir dans leur discipline.

Suite

La charte peut aussi être présentée aux familles lors d’une réunion, pour qu’elles connaissent les règles de la classe. Le programme lui-même est prévu pour être mis à jour régulièrement, parce que les outils évoluent vite. La charte aussi : les principes resteront, les exemples changeront. C’est une bonne conclusion pour une année consacrée à l’IA : les élèves savent comment fonctionnent ces outils, quelles questions ils posent et comment s’en servir sans s’y perdre.

Vocabulaire et erreurs fréquentes

Employer : charte, niveau d’autorisation, usage déclaré, déclaration d’usage, règlement intérieur.

Deux idées reçues reviennent. « Une charte, c’est une liste d’interdictions » : celle-ci autorise beaucoup, à condition de le faire honnêtement. « Les détecteurs feront respecter les règles » : ils ne sont pas fiables ; la charte repose sur la confiance, la déclaration et l’explication orale.

Version avec ordinateurs

  1. La rédaction se fait dans un document partagé de l’établissement, projeté, où chaque groupe écrit sa partie. Les élèves n’utilisent aucun assistant pour rédiger la charte : c’est un texte de la classe.
  2. Le vote peut se faire par un questionnaire en ligne de l’établissement, partie par partie.
  3. La charte adoptée est publiée dans l’espace numérique de la classe.

Version sans ordinateur

Toute la séance se fait sans ordinateur.

Matériel

  • Les douze cartes de tâches, une planche par groupe, découpées.
  • Le modèle de charte et le modèle de déclaration d’usage, un par groupe.
  • Une grande feuille pour la version finale, à afficher.

Consignes

  1. Préciser d’emblée ce qui n’est pas négociable : le règlement intérieur, les règles des examens, la protection des données personnelles. Le reste est le travail de la classe.
  2. Laisser les élèves trancher les désaccords sur les niveaux, en rappelant que chaque professeur pourra préciser le niveau de chaque travail.
  3. Faire signer la charte par tous, professeur compris : elle engage aussi l’enseignant, par exemple à indiquer le niveau autorisé dans chaque consigne.
Dossier documentaire (deux fiches)

Modèle de charte

1. Préambule : pourquoi cette charte existe, en trois phrases. 2. Les trois niveaux d’autorisation, avec deux exemples de la classe pour chacun. Le niveau de chaque travail est indiqué dans la consigne. 3. Cinq règles communes : je vérifie ce que l’IA me dit ; je n’y mets aucune donnée personnelle, ni la mienne ni celle des autres ; je ne présente jamais comme mien un travail fait par une machine ; je ne fabrique ni ne partage aucun contenu truqué sur une personne ; j’utilise les outils autorisés par l’établissement. 4. La déclaration d’usage pour le niveau 2. 5. Si une règle n’est pas respectée : ce qui se passe, dans le respect du règlement intérieur. Signatures de la classe et du professeur.

Modèle de déclaration d’usage, niveau 2

Outil utilisé : … Ce que je lui ai demandé : … Ce que j’ai gardé, modifié ou rejeté, et pourquoi : … Ce que j’ai vérifié, et comment : … Ce que j’ai fait seul : … Je peux réexpliquer mon travail sans l’IA : oui ou non.

Imprimer les douze cartes

Corrigé des cartes

  • Tâche 1 Niveau 1 le plus souvent : l’élève choisit ensuite et en reste responsable.
  • Tâche 2 Niveau 1 : c’est un usage qui aide à apprendre.
  • Tâche 3 Niveau 2 ou 3, selon la consigne : si l’IA est permise, l’élève déclare ce qu’elle a fait et ce qu’il a fait.
  • Tâche 4 Niveau 3 : on évalue ce que l’élève sait seul.
  • Tâche 5 Niveau 1 ou 2 : à déclarer si l’orthographe fait partie de ce qui est évalué.
  • Tâche 6 Niveau 3 pour l’apprentissage lui-même ; l’IA peut aider à se tester ensuite.
  • Tâche 7 Niveau 2 : l’analyse personnelle doit être visible, l’usage déclaré.
  • Tâche 8 Niveau 3 en général : traduire est la compétence évaluée.
  • Tâche 9 Niveau 1, avec vérification dans le cours.
  • Tâche 10 Niveau 2 : l’élève doit pouvoir expliquer chaque ligne.
  • Tâche 11 Niveau 2 : préparer avec de l’aide est possible, mais l’oral est personnel.
  • Tâche 12 Niveau 3 : il dit ce que l’élève a compris, avec ses mots.

Trace écrite

La classe a adopté une charte d’usage de l’IA. Elle distingue trois niveaux : usage libre et responsable, usage déclaré, sans IA. Le niveau de chaque travail est indiqué dans la consigne.

Cinq règles s’appliquent toujours : vérifier ce que dit l’IA ; ne jamais y mettre de données personnelles ; ne jamais présenter comme sien un travail fait par une machine ; ne fabriquer ni partager aucun contenu truqué sur une personne ; utiliser les outils autorisés.

Pour un travail de niveau 2, on déclare son usage : l’outil, la demande, ce qu’on a gardé ou modifié, ce qu’on a vérifié, ce qu’on a fait seul.

Vérification

À projeter ou à lire en fin de séance. La réponse s’affiche en cliquant sur « Réponse ».

  1. Qu’est-ce qu’un travail de niveau 2 ?

    • AUn travail où l’IA est interdite.
    • BUn travail où l’IA est permise, à condition de déclarer comment on s’en est servi et ce qu’on a fait soi-même.
    • CUn travail entièrement fait par l’IA.
    Réponse

    B. Le niveau 2 autorise l’IA en toute transparence : la déclaration d’usage rend visible le travail personnel.

  2. Pourquoi un contrôle de connaissances est-il au niveau 3 ?

    • AParce que l’IA y serait inutile.
    • BParce qu’il sert à évaluer ce que l’élève sait faire seul.
    • CParce que les ordinateurs sont interdits au lycée.
    Réponse

    B. Un contrôle mesure les connaissances de l’élève. Avec une IA, il mesurerait celles de la machine.

  3. Laquelle de ces règles s’applique à tous les niveaux ?

    • ANe jamais utiliser d’IA.
    • BNe jamais mettre de données personnelles dans un outil d’IA.
    • CToujours faire écrire le travail par l’IA.
    Réponse

    B. La protection des données personnelles, les siennes comme celles des autres, ne dépend pas du niveau du travail.

  4. Qui décide du niveau d’un travail ?

    • AChaque élève, selon ses envies.
    • BLe professeur, qui l’indique dans la consigne, dans le cadre de la charte et du règlement intérieur.
    • CL’outil d’IA.
    Réponse

    B. La charte fixe le cadre commun ; le professeur précise le niveau de chaque travail selon ce qu’il veut évaluer.

Questions difficiles

Questions d’élèves embarrassantes, avec une réponse possible.

Et si un autre professeur n’a pas les mêmes règles ?

C’est possible : chaque discipline évalue des compétences différentes, et chaque professeur indique le niveau de ses travaux. La charte de la classe donne un langage commun, les trois niveaux, que l’on peut proposer aux autres enseignants et à l’établissement.

Comment le professeur saura-t-il si on a utilisé l’IA ?

Les détecteurs ne sont pas fiables, comme l’a montré la séance 20. La charte repose donc sur la confiance et sur la déclaration. Le professeur peut aussi demander à l’élève de réexpliquer son travail à l’oral : c’est le meilleur test, et c’est celui de la séance 32.

Pourquoi voter, si le professeur décide à la fin ?

Parce qu’une règle comprise et discutée est mieux respectée qu’une règle imposée. Le vote engage la classe sur le cadre commun ; le professeur reste responsable des évaluations et du respect du règlement intérieur, que la charte ne peut pas contredire.

La charte sera-t-elle encore valable l’an prochain ?

Les outils changent vite ; les principes, beaucoup moins. Il est utile de la relire en fin d’année, pour voir ce qui a fonctionné et ce qu’il faudrait changer. C’est aussi ce que fera le programme lui-même, prévu pour être mis à jour régulièrement.

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